Noblesse oblige

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On one of my occasional visits to the Galeries Lafayette department stores in Paris, a couple of months ago, I bumped into Caroline, a friend of mine I hadn’t seen for a while.  She was holding the hand of a shy young boy.

‘Your nephew?’ was my first reaction. Caroline smiled, explaining that Balthazar was the son of friends who were on a business trip in the US. We decided to have some tea at the Cube Bar on the 7th Floor.

The sweet little boy sitting between us enjoying his strawberry milk, was actually an heir. Caroline told me that Balthazar’s father was a viscount who wanted his son to become a top executive in France or abroad. ‘So young, Balthazar is still a child’!  Saying this, I was not really surprised. Quite the contrary, a retired professor at university myself I had, over the years, managed to unravel this quite particular education system in France.

‘Will Balthazar be attending Sciences Po, ENA or Polytechnique?’  I had just mentioned the three most prestigious Grandes Ecoles, wealthy French parents felt so attracted to. Hadn’t the former French president Hollande attended two of these famous graduate schools entered by competitive examination? As had about 60% of his staff as well as most of the ancient French presidents.

But unfortunately, the vast majority of French students don’t have that opportunity, and are obliged to enrol in university after passing their baccalauréat. Introduced by Napoleon in the early 19th century, the French education system is characterised by selection-by-elimination, leading, still nowadays, to a dropout rate that can be as high as 85% after the first year of studies at university. Peter Gumbel, a Paris-based British journalist and professor teaching at Sciences Po, regrets that so many students begin active life on a note of failure.

Only 5% of the French students are the happy few to study at the Grandes Ecoles. Even Oxford and Cambridge in Britain or the Ivy League Universities in the US cannot rival with the huge influence the ‘Grandes Ecoles’ have on public life in France.  Peter Gumbel has done research about ‘France’s elite-making machinery’. Children from well-off families still account for almost 70% of registered students at Sciences Po, for instance.

‘You’re probably right’, came eventually Caroline’s answer. She seemed annoyed when explaining that Balthazar’s father had attended HEC which he considered a good school, but not good enough for his son. Even if nowadays he had a well-paid job as a senior executive in an American company in Paris. ‘As long as Balthazar’s choice is respected!’ she said with a little sigh. 

Looking at the young child I felt sorry for him. What if Balthazar wanted to become an author? Or a medical doctor in the countryside?  I agree that traditions are important in particular in France, but doesn’t the country have more to gain from modernising their education system?  The future will tell!

Noblesse oblige

Lors d’une visite occasionnelle aux Galeries Lafayette Haussmann il y a quelques mois, le hasard m’y a fait croiser Caroline, une de mes amies perdue de vue depuis quelque temps. Elle donnait la main à un bambin plutôt timide. ‘Ton neveu ?’ fut ma première réaction. Caroline sourit en expliquant que Balthazar était le fils d’amis partis en voyages d’affaires aux Etats-Unis. Nous décidâmes d’aller boire un thé au 7ème étage, dans le Cube Bar.

L’adorable petit garçon qui, assis entre nous deux, buvait son lait fraise avec conviction, était en fait un héritier. Caroline m’apprenait que le père de Balthazar qui était vicomte, voulait que son fils occupe plus tard un poste de haut niveau dans l’administration en France ou à l’étranger. ‘Si jeune, mais Balthazar est encore un enfant ?’ En vérité je n’étais pas plus surprise que ça. Bien au contraire, car étant professeur d’université à la retraite, j’avais fini par percer à jour ce système d’éducation française, si particulier.

‘Balthazar ira sans doute dans une Grande Ecole ? Sciences Po, ENA ou Polytechnique ?’ Je venais de mentionner les trois Grandes Ecoles les plus prestigieuses pour lesquelles les parents aisés sentaient une vraie attirance. Le Président Hollande, n’avait-il pas poursuivi des études supérieures dans deux de ces célèbres écoles où l’on n’entrait que par concours ? Comme 60% de ses collaborateurs ainsi que d’autres présidents avant lui.

Mais la plupart des étudiants français n’ont malheureusement pas cette chance et sont obligés de s’inscrire à la faculté, une fois leur baccalauréat en poche. Introduit par Napoléon au début du 19ème siècle, le système d’éducation française se caractérise toujours par une sélection par élimination avec comme résultat un taux de décrochage qui, encore aujourd’hui, peut atteindre 85% à la fin de la première année d’études à l’université. Peter Gumbel, journaliste britannique et professeur à Sciences Po, basé à Paris, regrette que tant d’étudiants débutent ainsi leur vie professionnelle sur un échec.

Seulement 5% des étudiants français ont cette chance de pouvoir étudier dans les Grandes Ecoles réservées aux plus aisés. Même Oxford et Cambridge en Grande Bretagne et les universités Ivy League aux États-Unis ne peuvent pas rivaliser avec les Grandes Ecoles quant à cette immense influence que celles-ci exercent sur la vie publique en France. Peter Gumbel a étudié de près cette machine à fabriquer de l’élite. Ce sont les enfants des familles nanties qui constituent toujours pas loin de 70% des étudiants inscrits à Sciences Po.

‘Tu as probablement raison’ fut finalement sa réponse. Caroline avait l’air irrité lorsqu’elle expliqua que le père de Balthazar avait fait HEC, une bonne école mais pas assez bien pour son fils. Même si son poste de cadre supérieur dans une grande entreprise américaine à Paris lui permettait de gagner beaucoup d’argent. ‘Du moment qu’on respecte le choix de Balthazar !’ J’entendis Caroline soupir. En regardant le bambin, je ressentis de la peine. ‘Et si le garçon voulait devenir écrivain, ou encore médecin de campagne ?’ Je suis d’avis que les traditions comptent beaucoup mais la France, n’a-t-elle pas tout à gagner en modernisant son système éducatif ? Seul l’avenir nous le dira !

© 2017 Micky Keeren

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