Port to port

Si Albion m’était conté.

English version here

Lorsque j’étais étudiant à Zürich, j’appris l’allemand un peu comme le font les enfants en apprenant à parler, c’est-à-dire sans faire un effort intellectuel énorme, sinon écouter la radio, lire les journaux, parler même en faisant des fautes. Cela m’a permis, en tant qu’étudiant, de suivre les cours et les travaux pratiques et de rédiger les projets.

Pour l’anglais, ça s’est avéré très différent. J’étais venu à Londres pour améliorer mon anglais scolaire plutôt médiocre avant d’aller suivre les cours de business management aux Etats-Unis. En arrivant, j’ai commencé à apprendre l’anglais comme j’avais appris l’allemand, tout en discutant avec mes colocataires qui ne parlaient qu’anglais.

Je compris peu à peu que si je voulais vraiment appréhender l’anglais et me l’approprier, je devais aller au-delà des mots et me plonger dans la culture à la base de cette langue.

Je me plongeais dans tout ce qui était anglais et j’évitais les français, sauf, bien sûr, au travail à Chambre de commerce française de Grande-Bretagne.

On dit qu’on apprend plus par ses erreurs ! C’est vrai ! Et j’en ai fait des erreurs et des bourdes dans mon apprentissage de la culture anglaise. Heureusement, aucune ne me fut fatale ; seulement quelques explications mâtinées de sourires narquois chahutèrent un peu mon ego. Tout au début de mon séjour Londonien je fus invité pour le week-end, ce qui veut dire à la campagne. Ce qui va suivre est suranné puisque cela date d’environ cinquante ans. A la fin du dîner, je découvris la coutume de la carafe de porto – oui, première surprise, le porto se boit après le repas en Grande-Bretagne. Je dois expliquer ici que la procédure pour cette carafe de porto est sujette à des règles bien précises : elle est toujours placée à la droite de l’hôte ou du ‘président’ de la table ; il se sert et la passe à son voisin de gauche, qui se sert à son tour et la passe à son voisin de gauche et ainsi de suite… Dans la marine britannique c’est ‘port to port’, c’est-à-dire ‘le porto à bâbord’. Il est mal vu de la poser devant soi et de ne pas la passer.

Arrive mon tour, ma courtoisie française prend le dessus et j’offre de servir ma voisine de gauche, notre hôtesse, avant de me servir moi-même. Quelle ne fut pas la surprise générale ! Gracieusement, elle m’expliqua la bonne procédure à suivre et conclut en disant que, dans ce cas, elle ferait une entorse à la règle.

Une autre surprise m’attendait. Dans ce milieu et à cette époque, les femmes se retiraient au salon. Elles laissaient donc les hommes discuter entre eux affaires et politique et se raconter des histoires (parfois grivoises) ; pendant ce temps, la carafe de porto continuait à tourner.

Ce week-end m’a fait découvrir des coutumes qui illustrent les différences culturelles auxquelles on peut se trouver confronté. Il me fallait appréhender, comprendre et intégrer cette nouvelle culture si je voulais vraiment comprendre les Britanniques et me faire comprendre par eux.

Dans mes prochains posts, je continuerai à partager mes observations et découvertes à propos de la culture britannique.

Port to port

When a student in Zürich I learnt German by absorbing it, a little like a child learns a language, without too much cognitive effort, listening to the radio, reading the press, talking to people, even if I was making mistakes. That worked well as a student and for the use I was making of it in my studies and case work.

It turned out a little different in English. The purpose of my coming to London was to vastly improve on my rather limited school English, so I wouldn’t be totally at sea in the American business school I had been admitted to. I started by learning English in the same way I had learnt German and speaking with my flatmates, who spoke only English.

Socially, I avoided my compatriots except unavoidably at work, at the French Chamber of Commerce in Great-Britain.

I soon learnt that to fully understand the language, I had to go beyond the word and dive into the culture underpinning it.

It is true that one learns by one’s mistakes and I made a few, that luckily did not have any serious consequences except some wry smiles and bruised ego. I had been kindly invited for the week-end; this means going to the country. What follows is a little old fashion today, but remember, this was nearly fifty years ago. Comes the end of the dinner and the port decanter is placed on the right of the host. I should mention that the travelling of the port is one of those very English traditions that has a specific set of rules that must be observed. The host helped himself and passed the port to his left – in the Navy ‘port to port’. When it came to me, with my strict Franco-Swedish upbringing, having received the port on my right, I offered to help the hostess on my left before helping myself. A conversation stopper. Most gracefully, she explained the port ritual concluding with a ‘in this case I will make an exception’.

I was in for another surprise. In those days and in those social circles, it was not unusual for the ladies to retire, leaving the men to talk politics, business and tell (dirty) jokes. All the meanwhile, the port continued to do the rounds.

Things are different today, but those two experiences put me in front of the cultural differences underlying the English language and that I had better assimilate and integrate if I wanted to understand the English and make myself understood.

In coming posts, I will share my observations and experiences on several aspects on the British culture.

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